La supply chain, c’est un univers qu’on remarque rarement… jusqu’à ce que tout se bloque. Depuis quelques années, entre inflation, ruptures de stocks, tensions géopolitiques et délais qui explosent, les entreprises vivent dans une instabilité permanente. Les équipes achats passent leur temps à gérer des imprévus plutôt qu’à anticiper.
C’est dans ce contexte que Procure AI, une startup britannique, vient de lever 11 millions d’euros pour moderniser un secteur qui tourne encore trop souvent à l’ancienne. Avec une ambition simple : rendre les achats plus intelligents, plus rapides et beaucoup moins douloureux.
Une promesse claire : automatiser ce qui fait perdre du temps aux entreprises
Procure AI part d’un constat évident. Malgré tous les discours sur la transformation digitale, la plupart des entreprises gèrent encore leurs achats avec des fichiers Excel, des mails interminables et des validations qui se perdent au milieu d’une dizaine de priorités urgentes.
La plateforme développée par la startup vise à automatiser l’ensemble du processus d’achats grâce à l’IA : analyse des besoins, comparaison de fournisseurs, évaluation des risques, prédiction des prix, suivi des contrats. Tout ce qui demande traditionnellement des heures de travail manuel, de tableaux croisés et d’aller-retours administratifs pourrait être géré en quelques minutes.
Dit autrement : moins de tâches répétitives, moins d’erreurs humaines, moins de stress et des décisions plus fiables.
Une levée qui tombe au bon moment
Le timing n’est pas anodin. Les entreprises européennes font face à une pression inédite : incertitudes sur les livraisons, hausse des coûts, complexité croissante des chaînes d’approvisionnement. Les directions achats sont devenues un poste stratégique et non plus un simple centre de coûts.
Investir dans l’automatisation devient presque incontournable. Procure AI arrive donc au moment exact où le marché a le plus besoin d’un outil capable de rendre les achats plus prévisibles et plus efficaces.
Grâce à cette levée de fonds, la startup va pouvoir renforcer son moteur d’IA et s’implanter plus largement en Europe. La France, avec son grand nombre de PME et d’ETI en quête de modernisation, est un marché naturel pour eux.
Automatiser les achats : un impact concret et mesurable
L’automatisation appliquée aux achats n’a rien d’abstrait. C’est un levier très concret pour améliorer le fonctionnement d’une entreprise. Une IA comme celle de Procure AI peut, par exemple :
- analyser des centaines de fournisseurs en quelques secondes ;
- anticiper des hausses de coûts grâce à la prédiction ;
- identifier les risques liés à un fournisseur ;
- recommander les meilleures stratégies d’achat selon les données ;
- accélérer les validations et réduire les délais de décision.
Ce sont des gains de temps importants, mais aussi une réduction directe des coûts et des erreurs. Quand on sait que les achats représentent souvent 30 à 70 % des dépenses d’une entreprise, l’enjeu est majeur.
Une nouvelle étape pour l’IA dans les entreprises
Ce que révèle cette levée de fonds, au-delà du cas de Procure AI, c’est l’arrivée d’une nouvelle génération d’outils d’intelligence artificielle destinés à résoudre des problèmes opérationnels très concrets. L’IA sort enfin des discours théoriques pour s’attaquer à des sujets de terrain : acheter, négocier, anticiper, optimiser.
Pendant longtemps, la supply chain et les achats ont été sous-équipés en solutions modernes, car considérés comme trop complexes ou trop spécifiques. Procure AI montre que ce n’est plus une fatalité. L’automatisation devient un avantage compétitif, presque un passage obligé.
Un sujet à surveiller dans les prochains mois
La transformation des achats par l’IA n’en est qu’à ses débuts, mais le mouvement s’accélère. Les entreprises cherchent plus de résilience, plus de visibilité et plus de contrôle. Les solutions comme Procure AI pourraient s’imposer rapidement comme des outils indispensables.
Cette levée de 11 millions d’euros s’inscrit donc dans une dynamique plus large : celle de l’IA appliquée aux fonctions clés de l’entreprise. Une tendance qui devrait encore s’amplifier en 2025.


